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Les femmes dans la bière
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Les femmes dans la bière

Femmes
Histoire
La bière ? Les femmes ? Mais enfin, rien à voir ! Eh bien ­— vous l'aurez compris, bande de petits malins ­— figurez-vous que cela a tout à voir. En effet, le rôle des hommes dans la bière est même très, très récent. Depuis la naissance des premières boissons fermentées et de la première bière il y a environ 6 000 ans de cela à la révolution industrielle, la bière a en réalité toujours été une affaire de femme, et il est plus que temps de rendre à César ce qui appartient à César. Enfin de rendre à Hildegarde ce qui appartient à Hildegarde. Bref, ensemble, (re)découvrons l'histoire de la bière et de leurs gardiennes et créatrices historiques et millénaires : les femmes.

Mesdames, mesdemoiselles, mesdames : des bières et des femmes

Repartons aux confins de notre civilisation, avec la découverte (tout à fait fortuite) des premiers aliments fermentés, qui ont largement contribué à forger notre civilisation telle qu'on la connaît — rien que ça. On considère que la bière, qui n'avait alors rien à voir avec ce que l'on connaît aujourd'hui, est née chez les Sumériens, environ 4 000 ans avant J.-C. À l'époque, les femmes préparent les repas, et donc le pain. On estime que ce sont alors elles qui se sont, en premier lieu, emparées de la fameuse recette du "pain liquide", et l'ont sans cesse perfectionnée et fait perdurer. En Mésopotamie, on retrouve d'ailleurs l'hymne à Ninkasi, déesse sumérienne de la bière, à laquelle on offrait de la bière en offrande. Bacchus n'a qu'à bien se tenir !

Dans l'Égypte ancienne, seules les femmes et les prêtresses brassaient de la bière : il s'agissait d'une boisson divine, placée sous la protection de la déesse Isis. Il est fait mention de femmes et de premières brasseuses dans la mythologie et le folklore scandinave, avec Osmotar, la première vraie brasseuse du Nord en Finlande et les déesses Signy et Geirhildr, mises en rivalité par Alrekr, roi de Suède, qui déclara qu'il épouserait celle qui brasserait la meilleure bière. Spoiler alert, c'est Geirhildr qui gagne. Les Romains, ces fans de vin, boudent la bière, la considérant comme une boisson de femmes !

Au Moyen ge, Hildegarde de Bingen, l'abbesse, Docteur de l'Église, botaniste et poétesse (et bien d'autres choses encore) théorise et diffuse l'idée que le houblon renferme des vertus antiseptiques et de conservation. Elle l'utilise d'ailleurs pour brasser ses propres bières ! Une véritable pionnière.

C'est au Moyen ge justement, autour du XIIIème siècle, que les choses se gâtent. Les femmes continuent largement à brasser de la bière, mais les communautés religieuses s'emparent peu à peu du processus de brassage. L'Église commence à répandre l'idée que les femmes seraient impures, et donc indignes de brasser, mais rien n'y fait.

Durant la Renaissance, en particulier en Europe, les femmes qui brassent seules sont de plus en plus mal vues. Le commerce de la bière est florissant, et c'est à ce moment-là que les hommes commencent à s'y intéresser. À cette époque, les brasseuses commercialisent la bière de manière locale, auprès des familles. Elles fabriquent la bière dans leurs chaudrons, possèdent des chats pour éloigner les rongeurs de leurs réserves d'orge, et indiquent que leur échoppe est ouverte en plaçant un balai devant leurs portes. Elles sont alors dénoncées comme sorcières afin que les hommes puissent récupérer leur commerce, de plus en plus populaire. Sympa, les gars !

Boutées hors la bière par la révolution industrielle

C'est au XXème siècle, avec la révolution industrielle, que les femmes perdent tout lien avec la bière, boisson qu'elles ont pourtant mis au monde, et fait habiter le monde. La bière est alors produite en masse, et les petites brasseries artisanales ferment tour à tour leurs portes. Les femmes ne participent plus que de loin à la chaîne de production, et cessent même d'être la cible commerciale des publicitaires pour le produit bière. La bière, qui était une boisson familiale du quotidien, quitte les tables des familles pour se vendre en masse dans les bars, les cafés, les pubs et les restaurants, lieux dont les femmes sont généralement absentes à cette époque. Depuis, le marketing contribue largement à véhiculer une image de la bière comme boisson virile par excellence, associée notamment au visionnage du sport. Un peu réducteur, donc.

De nos jours, avec l'émergence du mouvement craft beer, les femmes commencent à regagner du terrain dans le milieu de la bière artisanale. Elles sont de plus en plus nombreuses dans les écoles et suivent des formations pour devenir brasseuses de bière, pour faire de leur passion un métier. Elles ouvrent leurs micro-brasseries et brasseries artisanales un peu partout dans le monde. Elles sont journalistes, comme Anaïs Lecoq ou zythologues comme Elisabeth Pierre. Elles président ou fondent des organisations. L'association Pink Boots Society, cette organisation américaine née en 2007, fait la part belle aux femmes travaillant dans le milieu brassicole, des vendanges au brassage en passant par les bars. Elle a pour vocation d'aider financièrement et avec des ressources concrètes les femmes qui souhaiteraient accéder à des professions dans le milieu de la bière, encore dominé en majorité par les hommes.

Si le chemin est encore long et ardu, il est temps de chausser nos bottes roses et de commencer ensemble à gravir ce nouveau sommet : rééduquer notre civilisation sur le rôle historique des femmes dans la bière et recréer un monde de la bière plus juste et plus équitable. On a du pain fermenté sur la planche, on ne va pas vous le cacher. Dans un premier temps, on vous invite à découvrir le brassin Pink Boots x Gallia, qui sort chaque année pour la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, ou pourquoi pas parler de cet article à vos proches ?

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